Ego or not Ego ?

Dernière mise à jour : 23 nov. 2021

Aujourd’hui, j’ai envie d'aborder un sujet qui parle de notre ego qui s'active bruyamment ou qui sommeille gentiment en nous


je et ego

Depuis que je m’intéresse au développement personnel, je lis à droite et à gauche des livres qui traitent de l’ego. Ce petit mot, de 3 lettres seulement, prend bien plus de place en nous que nous croyons. Il est difficile de le décrire, mais je peux dire que c’est une partie de nous, présente à tout instant et qui prend la place que nous voulons bien lui accorder, consciemment ou le plus souvent inconsciemment. Il ne fait pas forcément du bien aux personnes de l'entourage mais surtout il entrave notre développement personnel. C'est un comme un double de nous qui prend le pouvoir et qui obéit à certaines règles que nous ne maîtrisons pas toujours. Une réaction de l'autre personne déclenche chez nous un comportement inadéquat qui ressemble fort à une attitude dictée par notre ego.


Il existe dans ces livres, beaucoup de noms qui reviennent régulièrement : masque, grenouille, crapaud, prince et princesse, parfois ombre ou bien blessure, peur, besoin, …

Tous ces mots sont reliés entre eux et ils sont tous reliés à l’ego.


Que ce soit dans les livres d’analyse transactionnelle, d’ennéagramme ou bien encore dans les livres comme les « Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même » de Lise Bourbeau, ou « Comment apprivoiser son ombre » de Jean Monbourquette, pour ne citer qu’eux, je découvre avec émerveillement la puissance de notre Être à nous faire du mal, et à la capacité que nous avons en nous pour aller mieux et nous faire du bien.


Depuis notre naissance et parfois bien avant, pour ne pas parler de vie antérieure (concept qu'il est encore difficile pour moi d’accepter), nous vivons des situations que notre Être conscient ou inconscient va interpréter. Nous pouvons sentir une blessure qui va engendrer en nous des réactions, des sentiments ou même des ressentiments. Nous développons une vision de notre monde intérieur et extérieur très personnelle.

Nous sommes confrontés à des peurs que nous avons plus ou moins de facilité à appréhender. Il est important de comprendre avant tout, que c’est bien de nous que part notre interprétation de ce qu’il se passe à l’extérieur. Pour le même vécu, identique en tous points, deux personnes ne l’interprèteront pas de la même manière.



Pour être un peu plus claire dans mes propos, je vais quand même vous donner quelques illustrations plus précises. Parlons du modèle de l’ennéagramme. Sans trop rentrer dans les détails (sinon, nous sommes encore ensemble pour quelques années, ), ce modèle parle de 9 types de personnalités, chacune reliée à une passion (compulsion), une vertu (le contraire de la compulsion), une peur, une vision du monde.


Voici la vision du monde pour chacun des 9 types :


Pour le 1, le monde punit les mauvaises attitudes et la spontanéité.

Pour le 2, le monde l’ignore, il a l’impression de manquer d’amour.

Pour le 3, le monde ne l’aime pas pour ce qu’il est, mais pour ce qu'il fait.

vision du monde

Pour le 4, le monde l’a abandonné.

Pour le 5, le monde est envahissant.

Pour le 6, le monde est menaçant et instable.

Pour le 7, le monde est contraignant et le fait souffrir.

Pour le 8, le monde est injuste et dur, on a abusé d’un de ses moments de faiblesse.

Pour le 9, le monde le rejette quand il exprime son opinion.


Il est clair qu’avec une vision du monde comme celle du 1 par exemple, la personne va développer des comportements qui seront en lien avec ses peurs : peur de mal faire, peur d’être hors la loi, peur de ne pas être à la hauteur de son idéal… Donc, quand elle sera face à ses imperfections, elle s'agacera. Elle aura comme une voix intérieure qui lui dictera sa conduite et surtout qui lui fera un maximum de reproches. C'est son ego qui est en pleine action, il est là et il se fait entendre. Il prendra toute la place qu'il souhaite à partir du moment où la personne de type 1 n'aura pas conscience de ce qu'elle est en train de vivre. Sa colère intérieure grandira, s'intensifiera. Elle s'agacera pour tout et pour rien, pour ce que l'autre n'aura pas fait ou que l'autre n'aura pas fait au moins aussi bien qu'elle l'aurait souhaité. Si elle prend le temps de faire pause, elle se rendra compte qu'elle est en train de s'agacer pour quelque chose qui ne le mérite pas ou du moins elle saura qu'elle peut réagir différemment. Il existe des applications type "cloche de pleine conscience" qui sonne de manière régulière pour rappeler à la personne : "tiens, que se passe-t-il à cet instant que je pourrais observer en moi et donc comprendre ?". C'est une des meilleures manières de faire taire notre ego.

Chaque type aura des comportements motivés par sa vision du monde. Si la personne reste enfermée dans son type, dans sa vision, elle ne saura pas qu’il existe un monde adapté, où elle peut agir autrement sans s’enfermer dans ses schémas classiques. En travaillant sur ses peurs et en prenant conscience de sa vision du monde, elle saura qu’il existe une autre manière de réagir, de vivre les évènements pour un mieux-être, pour retrouver une espèce de paix intérieure.

La personne se dirige tout droit vers son essence et s’éloigne de son ego. Elle devient prince ou princesse. Inutile de préciser que ce chemin ne se fait pas d’une traite, en un claquement de doigts. Nous ne pouvons pas changer notre manière d’être, de faire, du jour au lendemain. Mais chaque fois que nous prenons conscience d’un schéma automatique, nous prenons une seconde pour progresser, pour évoluer vers notre vrai MOI.


Notre capacité à lutter, à nous protéger des peurs ou même des blessures que le monde extérieur nous inflige, nous permet de rester en vie. Nous créons, ce que nous appelons des masques. Ce sont comme des pansements qui viennent bloquer l’avancée de notre

Masques

blessure. C’est ce que nous croyons en tous les cas ; car en réalité, la blessure non soignée continue à nous ronger. Ce masque existe car l’ego s’en est emparé. Il joue avec et il nous fait croire que nous sommes de telle et telle manière. Ce masque cache notre vrai MOI, notre essence, notre vraie personnalité débarrassée de notre ego.



Voici les 5 blessures dont parle Lise Bourbeau dans son livre : le rejet, l’abandon, l’humiliation, la trahison et l’injustice. Je ne rentrerai pas dans le détail descriptif de chacune de ces blessures, je risquerais de déformer par le résumé même les propos de cette auteure et donc le sens profond de ses explications. Comme je l’explique plus haut, nous créons un masque pour nous protéger. Nous avons en nous 1 à 2 blessures essentiellement, parfois plus, parfois les 5, à des degrés différents.

Pour chaque blessure, notre inconscient développe un masque pour nous éviter de trop souffrir. Mais ce masque n’est qu’un leurre que notre ego prend plaisir à développer.



Panser une blessure

Voici les 5 masques associés aux 5 blessures :


Pour la blessure de rejet, nous portons le masque du fuyant.

Pour la blessure de l’abandon, nous portons le masque du dépendant.

Pour la blessure de l’humiliation, nous portons le masque du masochiste.

Pour la blessure de la trahison, nous portons le masque du contrôlant.

Pour la blessure de l’injustice, nous portons le masque du rigide.


Prenons l'exemple d'une personne qui souffre depuis son enfance de trahison. Elle ne sait pas que cette blessure est présente en elle, latente et prête à saigner dès que les moments de trahison seront vécus. Elle porte le masque d'une personne contrôlante pour ne pas souffrir de cette blessure. C'est son pansement, mais il est illusoire. Son ego s'exprime haut et fort dès qu'elle ressent de la trahison ou dès qu'elle fait preuve de trahison. Elle fait tout ce qu'elle peut pour contrôler les situations, elle se croit forte et responsable, elle peut être manipulatrice et séductrice, convaincue d'avoir raison, impatiente. Elle a peur du désengagement, de la séparation. Son ego est en pleine action, il se fait plaisir. Mais le vrai MOI de cette personne se cache bien au fond de son être et il se fait oublier. Prendre conscience de cette blessure, l'accepter, oser la regarder en face avec compassion sont les premières étapes pour faire taire notre ego et laisser place à qui nous sommes réellement.



Ce que je retiens pour résumé, c’est que mon ego me joue des tours. Il me fait croire que je suis sensée fonctionner d’une certaine manière et pas autrement. Il crée chez moi le masque qui me permettra de vivre avec ma ou mes blessures. Si je n’en prends pas conscience, je ne soignerai jamais mes blessures. Je laisserai cet ego grandir et prendre de plus en plus de place en moi. C’est cette prise de conscience, ou ce sont plusieurs petites prises de conscience qui me permettront de comprendre ces mécanismes pour me guider vers un réel épanouissement.

Et ce que je laisse sous-entendre, c’est que notre ego est là et il n’est pas question de le supprimer. Il est impossible de le supprimer, tout simplement parce que nous avons besoin de lui pour prendre conscience de ce qu’il se passe en nous. C’est un peu comme le jeu de l’ombre et de la lumière que j’aborde dans l’un de mes articles précédents.



Claude Frisoni a dit : "C'est leur ego qui empêche les hommes d'être égaux."


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