Résistance au changement !

Dernière mise à jour : 23 nov. 2021

Pourquoi avons-nous tant de mal à nous adapter à une situation nouvelle, un nouveau lieu, un nouveau patron ? Pourquoi, certaines personnes dépriment lors des déménagements ? Pourquoi d’autres personnes dépriment à l’idée de changer de bureau, de boulot ?

Accepter une nouvelle situation implique que le deuil de la précédente ait été fait. Pour chaque perte, que ce soit matériel (bureau, appartement, maison, …), personnel (ami(e), conjoint(e), parents, enfants, …) ou social (mariage, changement d’organigramme, d’organisation, …), il est important de faire face à l’impact de ce changement sur nos pensées, nos émotions, nos comportements.


Ces changements sont douloureux et ils n’impliquent pas forcément une nouvelle situation moins bien que la précédente. Il est possible que la nouvelle situation soit meilleure que la précédente comme le déménagement d’un petit appartement vers une belle maison, ou quitter une vie de célibataire pour une vie de marié(e).

Au boulot, pour certaines personnes quitter un bureau individuel pour se retrouver dans un open-space est un changement qui peut apporter stress et inconfort. Alors que pour d’autres personnes, ce changement est juste fantastique et source de joie. Ce qui est important de savoir, c’est que le changement apporte une portion de douleur plus ou moins grande selon la personnalité de chacun et ceci même si le changement est positif.



La courbe de changement permet de comprendre ce qu'il se passe en nous.


Nous vivons tous de façon plus ou moins consciente chaque étape de ce qu’on appelle la courbe du changement. C’est Elizabeth Kübler Ross, rescapée des camps de concentration qui a fait partie des premières personnes au monde à établir les différents passages que traverse une personne après une épreuve.



Courbe du changement ou courbe du deuil






Pour chaque changement, savoir où on se trouve sur cette courbe du changement est primordial, car cela permet de vivre en conscience la perte d’un passé pour mieux accepter la nouveauté du futur.


Une étude a été réalisée avec les rescapés des camps de concentration. Un premier groupe de rescapés a refusé catégoriquement de parler de leur vécu. Ils ont toujours traîné leurs souffrances au plus profond d’eux comme un poids énorme et douloureux.

Le second groupe a décidé de parler, de parler encore et encore de son vécu. Ils ont expliqué à plusieurs reprises les horreurs vécues et ils l’ont fait comme pour déverser à l’extérieur d’eux tout le mal de leur expérience, tout le mauvais qu’ils ne voulaient plus garder en eux. Au bout d’un moment, ils n’ont plus eu quoi que ce soit à dire, car ils n’avaient plus rien à l’intérieur d’eux qui méritaient d’être exprimé. Ils ont vécu leur courbe au mieux, même si parfois, en parler était douloureux.



Qu’en est-il dans notre milieu professionnel ?


Face à un changement important qui touche notre sphère professionnelle, nous avons plusieurs manières de réagir. Accepter, refuser ou ni l’un ni l’autre, juste avoir du mal à passer à autre chose.

La résistance au changement est normale, surtout lorsque le changement n’est pas vécu en conscience et lorsque les étapes de cette courbe ne sont pas vécues pleinement. Il ne s’agit pas forcément de rester bloqué à une étape ad vitam aeternam. Il s’agit surtout de prendre conscience de ce qui est vécu, là, maintenant, pour que demain soit plus facile à vivre.



Créer un accompagnement individuel et collectif lors du changement minimise la résistance au changement. Il existe des rituels qui permettent de passer d’une situation à une autre de façon plus consciente.

Par exemple, notre société a inventé la pendaison de crémaillère lors d’un déménagement, l’enterrement de vie de jeune fille lors d’un mariage, etc… Savoir qu’un évènement heureux génère autant de stress qu’un évènement malheureux peut faire comprendre l’importance de proposer des rituels, des célébrations.



Exemples de situations professionnelles qui méritent un accompagnement, une célébration et une attention particulière :

- Lorsqu’un manager revoit toute l’organisation de son équipe, il y a un deuil à vivre, celui de l’ancienne organisation.

- Lorsqu’un manager prend en charge une nouvelle équipe, il y a le deuil de l’ancien patron à faire (qui était mieux ou moins bien, là n’est pas la question).

- Lorsqu'arrive un nouveau collaborateur qui induit un changement d'organisation, de répartition des tâches.

- Lorsqu'il s'agit de revenir à 100% en présentiel après avoir vécu des mois et des mois en télétravail.


En bref, lors d’une prise de poste, lors d’une reprise d’équipe, lors d’une reprise d’activité après un long moment de chamboulement (comme la pandémie avec le télétravail ou l’arrêt total d’activité), il est juste primordial de vivre le retour en conscience avec des célébrations.


Je rajouterai un conseil, que j’ai appris lors d’une conférence sur les neurosciences, apportez un changement physique de vos bureaux et salles de réunion lors de votre reprise d’activité. Plus rien n’est comme avant, donc, c’est important de ne pas faire semblant de faire comme si rien n’avait changé. Non !! Assumer le changement, c’est vivre l’avenir sereinement plus rapidement.




En conclusion, chacun d’entre nous réagit de manière différente à une perte. C’est fonction de sa personnalité, de son vécu, de son éducation familiale et scolaire.

Accompagner les évolutions pour vivre au mieux les changements de vie est juste essentiel. Se dire que les changements sont essentiels à notre évolution est primordial. Une vie est faite de changements, heureux ou malheureux, c’est normal de les vivre et c’est aussi normal d’avoir parfois du mal à les vivre.



Epictète a dit : "Tout est changement, non pour ne plus être mais pour devenir ce qui n'est pas encore."




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