Et si l'épuisement managérial venait d'en haut ?
- Krysalia-Coaching

- il y a 3 jours
- 3 min de lecture
On parle beaucoup des managers qui épuisent leurs équipes. Mais qui parle des managers épuisés par leur propre N+1 ?
C'est un sujet tabou. Presque inavouable. Critiquer sa hiérarchie, ça ne se fait pas, n'est-ce pas ?
Et pourtant.

L'épuisement managérial : un mal qu'on regarde du mauvais côté
Quand un manager est à bout, le réflexe habituel est de chercher la cause du côté de son équipe. Trop de conflits. Trop de résistances. Trop de non-dits.
Mais parfois - souvent - la source de l'épuisement managérial est ailleurs. Elle vient d'en haut.
Elle a un visage : celui d'un N+1 qui micromanage, qui court-circuite, qui méfie, qui ne délègue pas, qui communique mal… et qui ne se remet jamais en question.
"Les gens ne quittent pas leur entreprise. Ils quittent leurs managers." - Marcus Buckingham
Cette phrase est connue pour parler des équipes. Elle s'applique tout autant aux managers intermédiaires.
Le micromanagement : quand l'épuisement managérial s'installe en silence
Le micromanagement d'un N+1, c'est insidieux.
Ça ne ressemble pas toujours à un conflit ouvert. Ça ressemble à des petites choses, au quotidien :
Des décisions prises sans vous consulter
Des directives adressées directement à votre équipe, en vous squeezant
Un regard permanent sur votre travail, sans jamais vous faire confiance
Une communication floue, voire inexistante
Et cette question qui revient en boucle dans votre tête : "Ai-je vraiment de la valeur ici ?"
C'est là que l'épuisement managérial s'installe vraiment. Pas dans le bruit. Dans le silence et l'usure quotidienne.
"Le management, c'est l'art de rendre possible ce que la hiérarchie souhaite." — Mary Parker Follett
Encore faut-il que la hiérarchie crée les conditions pour que ce soit possible.
Mais l'épuisement peut aussi venir d'en bas
Soyons honnêtes.
Le N+1 n'est pas toujours le seul responsable.
Un manager peut s'épuiser tout autant face à une équipe dont il ne comprend pas les ressorts profonds.
Quand on ne sait pas comment motiver chaque collaborateur, on finit par appuyer sur les mauvais leviers. On insiste. On répète. On force. Et on s'épuise à ne pas obtenir les résultats escomptés.
Pourquoi ? Parce que motiver quelqu'un avec votre levier de motivation à vous, ce n'est pas le motiver. C'est vous rassurer.
"Vous ne pouvez motiver les gens. Vous pouvez seulement créer un environnement dans lequel ils se motivent eux-mêmes." - Douglas McGregor
Se connaître soi-même : le premier rempart contre l'épuisement managérial
La clé, souvent négligée, est là :
Se connaître soi-même pour mieux connaître les autres.
Un manager qui connaît ses propres mécanismes - ses réactions sous pression, ses besoins, ses angles morts - est un manager qui ne se laisse pas emporter par les dynamiques toxiques qui l'entourent.
Il sait poser des limites. Il sait nommer ce qui se passe. Il sait choisir ses batailles.
Et surtout, il sait lire son équipe avec justesse, sans projeter ses propres filtres.
C'est précisément ce que j'explore dans mon accompagnement, notamment à travers l'outil Ennéagramme, qui permet de comprendre les motivations profondes - les siennes et celles des autres.
(Vous pouvez télécharger mon guide pratique sur l'Ennéagramme et le management ici.)
Trois questions à vous poser si vous vous sentez épuisé
Avant de tout remettre en question, commencez par ces trois questions :
1. D'où vient réellement mon épuisement ?
De mon N+1 ? De mon équipe ? De mes propres exigences envers moi-même ?
2. Est-ce que je connais suffisamment les leviers de motivation de chacun de mes collaborateurs ?
Ou est-ce que j'applique une recette unique pour tout le monde ?
3. Ai-je accès à un espace pour réfléchir à ma propre posture de manager ?
Un coach, un pair, un mentor… Quelqu'un qui vous aide à prendre du recul sans jugement.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
L'épuisement managérial n'est pas une fatalité. Mais il ne se résout pas seul, dans le silence.
Voici trois pistes concrètes :
✅ Nommer ce que vous vivez - sans culpabilité. Reconnaître l'épuisement, c'est déjà reprendre du pouvoir.
✅ Identifier vos leviers de motivation - et ceux de votre équipe. Ce travail de connaissance est un investissement, pas un luxe.
✅ Chercher un espace de réflexion - le coaching individuel est précisément fait pour ça.
(Découvrez comment je vis le coaching individuel dans cet article : Le coaching individuel comme je le vis.)
Et si votre plus grand défi de manager n'était pas votre équipe… mais la relation avec celui ou celle qui est censé(e) vous soutenir ?
C'est une question inconfortable. Mais les questions inconfortables sont souvent celles qui changent tout.
Vous reconnaissez-vous dans cette situation ? Partagez en commentaire, ou contactez-moi directement.
Les échanges les plus transformateurs commencent souvent par un aveu simple : "Je suis épuisé(e)."
Un petit déclic, un grand impact 🦋




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