Déléguer et lâcher prise : et si votre meilleur acte de leadership était de vous retirer ?
- Krysalia-Coaching

- 16 mars
- 3 min de lecture
Dans les deux derniers articles, nous avons vu que nos différences sont une force (article 1), mais qu'elles créent inévitablement des étincelles : le conflit.
Une fois l'orage passé, une fois que les choses sont dites, que fait-on ? Le manager, échaudé par les tensions passées, a souvent du mal à déléguer et lâcher prise. Il reste là, à surveiller, de peur que ça dérape à nouveau.
En chimie, il y a une règle d'or : pour qu'une cristallisation se fasse, il faut arrêter d'agiter le bécher. Il faut laisser le repos faire son œuvre.
En management, c'est pareil.
Si vous continuez à intervenir partout, vous empêchez la réaction la plus précieuse de se produire : l'autonomie.

1. La confiance : le seul vrai indicateur d'un conflit résolu
C'est le test ultime. Vous pensez avoir réglé un problème avec un collaborateur grâce aux méthodes de gestion de conflit (Article 2) que nous avons abordées ?
Si vous ressentez encore le besoin de vérifier chaque email qu'il envoie, c'est que le dossier n'est pas clos. C'est que la peur est encore aux commandes.
Je l'ai vécu personnellement en tant que Directrice de magasin. Après une période de tension avec un collaborateur, j'avais développé une obsession : je voulais être en copie de tous les mails. Y compris ceux qui ne me concernaient pas directement.
Le résultat ? D'abord, je me suis noyée sous un déluge d'informations inutiles, perdant un temps précieux. Mais surtout, le message que j'envoyais à mon équipe était désastreux : "Je ne vous fais pas confiance, je n'ai pas digéré ce qui s'est passé."
Tant que vous gardez cette mainmise, vous empêchez la cicatrice de se refermer.
2. Déléguer et lâcher prise : du "Faire" au "Laisser Faire"
C'est l'étape la plus dure pour nous, les experts, les "faisants". Accepter que l'autre prenne le relais, c'est accepter que le résultat soit atteint par un chemin différent du nôtre.
C'est ici que l'autonomie se joue. L'autonomie, ce n'est pas l'indépendance totale ("fais ce que tu veux"). C'est un cadre clair à l'intérieur duquel la liberté est totale.
Je me souviens d'une chef de secteur à qui j'avais décidé — non sans une certaine appréhension — de donner carte blanche pour une opération commerciale. Elle a pris des décisions que je n'aurais jamais prises. Elle est partie dans une direction créative très éloignée de mes habitudes structurées.
Mon premier réflexe a été la peur. "Est-ce que ça va marcher ?" J'ai décidé de ne pas intervenir. De "ne pas touiller".
Verdict ? Les résultats ont été au-delà de nos attentes. Non seulement l'opération a cartonné, mais elle s'est sentie valorisée comme jamais. Si j'avais imposé ma méthode, nous aurions eu un résultat "correct", mais nous serions passés à côté de cette performance exceptionnelle.
3. Le Manager "Catalyseur"
En chimie, un catalyseur facilite la réaction sans être consommé par elle. Il permet que ça se passe, mais ce n'est pas lui qui se transforme.
Votre rôle de leader est celui-ci :
Poser le cadre (La sécurité du labo).
Donner les ressources (Les bons ingrédients).
Vous retirer (Laisser la réaction se faire).
C'est en vous retirant de l'opérationnel que vous permettez à vos collaborateurs de prendre leur place. Tant que vous occupez tout l'espace, ils resteront petits.
Conclusion
La boucle est bouclée. Nous avons accueilli les différences (cf. notre premier article sur la complémentarité), nous avons appris à traverser les frictions. Maintenant, l'objectif est la croissance.
Paradoxalement, la meilleure façon de faire grandir votre équipe maintenant, ce n'est plus d'agir, mais de savoir ne pas agir.
Alors, êtes-vous prêt à poser le mélangeur et à regarder la magie opérer ?
George S. Patton a dit : "Ne dites jamais aux gens comment faire les choses. Dites-leur ce qu'il faut faire et ils vous surprendront par leur ingéniosité."
Un petit déclic, un grand impact 🦋




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